Bibliothèque Municipale de Puget
Coup de projecteur n° 59
Nouvelles Acquisitions
Décembre 2011
Jenni, Alexis : « L’art français de la guerre »
(Prix Goncourt 2011)
Ce roman est captivant. J'ai été enthousiasmé par les 300 premières pages, très denses, très bien écrites avant de faire face à une partie un
peu longue au milieu du roman, néanmoins la dernière partie du roman renoue avec le rythme et la prose magnifique du début. Ce roman pose de bonnes questions sur le colonialisme, sur
l'intégration dans notre société, même si on devine les penchants politiques de l'auteur, propose des personnages attachants ainsi qu'une belle histoire d'amour.
Vraiment une réussite pour un premier roman!!!! (Commentaire de Loïc 62128 sur le site Amazon).
Trop de digression tue la digression ! L'œuvre est dense, fouillée , et aurait peut-être gagnée à faire 200 pages de moins. Résultat, on s'ennuie parfois. Les
débuts de réflexion s'arrêtent trop vite à mon goût, au profit d'exercices de style réussis d'ailleurs. Frustrant. (de » Celdranco » sur le site Amazon)
Carrère, Emmanuel : « Limonov » (Prix Renaudot
2011)
Limonov n’est pas un personnage de fiction. Il existe. Je le connais. Il a été voyou en Ukraine ; idole de l’underground soviétique sous
Brejnev, clochard, puis valet de chambre d’un milliardaire à Manhattan, écrivain branché à Paris, soldat perdu dans les guerres des Balkans, et maintenant, dans l’immense
bordel de l’après-communisme en Russie, vieux chef charismatique d’un parti de jeunes desperados. Lui-même se voit comme un héros, on peut le considérer comme un salaud : je suspends pour ma part
mon jugement. C’est une vie dangereuse, ambiguë : un vrai roman d’aventures. C’est aussi, je crois, une vie qui raconte quelque chose. Pas seulement sur lui, Limonov, pas seulement sur la Russie,
mais sur notre histoire à tous depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Liberati, Simon : « Jane Mansfield 1967 » (Prix
Fémina 2011)
« Aux basses heures de la nuit, le 29 juin 1967 sur un tronçon de la route US 90 qui relie la ville de Biloxi à la Nouvelle Orléans, une Buick Electra 225 bleu
métallisé, modèle 66, se trouva engagée dans une collision mortelle. »
Dans cette Buick broyée se trouvait une femme, une "Hollywood movie star" de trente-quatre ans, danseuse nue à Las Vegas, célébrissime sex-symbol des années
50.Simon Liberati ressuscite Jayne Mansfield, l'actrice méconnue la plus photographiée au monde, fouille amoureusement dans les recoins les plus ténébreux de sa vie, retrace ses dernières heures
en plein été hippie, qui disent aussi le crépuscule de l'âge d'or hollywoodien. Au programme : perruques-pouf, LSD 26, satanisme, chihuahuas, amants cogneurs, vie désaxée, mort à la James Dean,
cinq enfants orphelins et saut de l'ange dans l'underground.
Une oraison funèbre et morbid chic dans la droite ligne de Truman Capote et Kenneth Anger.
Chalandon, Sorj : « Retour à Killybegs » (Prix
de l’Académie Française 2011)
Chalandon nous offre ici un grand roman, une histoire puissante, une plume sublime qui lui vaut le grand prix de l'académie française, une Irlande aimée à en
mourir pour sa cause, et enfin un personnage central magnifique qui allie tout cela : l'amour de la terre irlandaise, la haine de l'occupant qui le fait très vite basculer dans cette IRA du
quotidien (toutes ces scènes de luttes dans les petites rues, les cours, les portes qui s'ouvrent pour aider, ces mains qui se tendent pour saisir une arme qui vient de tuer et la faire
disparaitre, oui toutes ces scènes sont d'une puissance absolue), les années de prison et de torture, et enfin cette trahison qui survole chaque page, cette trahison improbable, inenvisageable et
qui pourtant survient...
Oui, un grand roman qui vous saisit, vous heurte, vous touche et vous emporte.
Lindon, Mathieu : « Ce qu’aimer veut dire »
(Prix Médicis 2011)
Après une adolescence ensevelie sous les livres, Mathieu Lindon est devenu un ami très proche de Michel Foucault, passant le plus clair de sa
jeunesse rue de Vaugirard dans l'appartement du philosophe qui lui en laissait la libre jouissance avant chacun de ses départs pour l'étranger. Nous sommes à la croisée des années soixante-dix et
quatre-vingts. Un vent de liberté souffle et ébouriffe l'existence jusqu'alors rangée d'un jeune homme en formation. Ce sont ces années d'incandescence que l'écrivain raconte avec une sincérité
et une élégance rares. L'écriture soignée, très consciente, s'attache à refléter l'extraordinaire personnalité de Michel Foucault qui apparaît, au fil des souvenirs, d'une extrême gentillesse,
disponible, profondément attentionné et compréhensif, à l'écoute de ceux qu'il aime. En contrepoint se dessine de façon pointilliste le portrait complexe du père, Jérôme Lindon, fondateur révéré
des prestigieuses éditions de Minuit, d'une stature impressionnante et sans doute extrêmement pesante pour un jeune homme ayant de surcroît choisi d'embrasser une carrière littéraire.
De Vigan, Delphine : « Rien ne s’oppose à la
nuit » (Prix Renaudot des Lycéens 2011)
Le sixième livre de cette habituée des romans autobiographiques évoque sa mère dont la mort prématurée l'a incitée à écrire sur elle. Bâti à travers différents
témoignages, ce livre retrace l'histoire de Lucile, troisième enfant d'une grande fratrie au destin douloureux.
Cette enquête poignante au coeur de la mémoire familiale magnifiquement écrite dévoile les souvenirs les plus gais comme les secrets les plus enfouis par petites
touches. La cache en réalité des blessures et des drames dont on ne parle pas en famille, mais qui impacte le destin de chacun des enfants.
Une réussite! (Commentaire de Minerva sur le site Amazon)
Martinez, Carole : « Du domaine des murmures »
(Prix Goncourt des Lycéens 2011)
Fin du XIIe siècle, en Franche-Comté.
Une jeune femme se tranche l'oreille sur l'autel de l'église le jour de son mariage, c'est le seul moyen de se faire entendre : elle ne veut pas épouser
l'homme qui lui est promis. Elle annonce qu'elle est liée au Christ et demande à finir ses jours murée dans un cachot contre l'église du château. Son geste va dépasser les limites du domaine des
Murmures et les pèlerins accourent pour lui rendre visite.
Une histoire magnifique qui traite de la femme, de la religion, des limites entre foi et superstitions, des Croisades, de l'amour d'un père pour sa fille, de la
douleur nécessaire pour une mère de couper le cordon avec son enfant, du pardon.
L'écriture de Carole Martinez est légère, on y retrouve le souffle des contes médiévaux et des chansons de geste et la légende d'Esclarmonde nous est narrée
comme dans une veillée, au coin du feu, par un troubadour. (Commentaire de Tim Lorry sur le site Amazon)
Tesson, Sylvain : « Dans les forêts de Sibérie » (Prix
Médicis Essai 2011)
Sylvain Tesson, pour rassasier son besoin de liberté, a trouvé une solution radicale et vieille comme les expériences des ermites de la vieille Russie :
s’enfermer seul dans une cabane en pleine taïga sibérienne, sur les bords du Baïkal, pendant six mois. De février à juillet 2010, il a choisi de faire l’expérience du silence, de la solitude, et
du froid. Sa cabane, construite par des géologues soviétiques dans les années brejnéviennes, est un cube de rondins de trois mètres sur trois, chauffé par un poêle en fonte, à six jours de marche
du premier village et à des centaines de kilomètres d’une piste. Vivre isolé du monde nécessite avant tout de s’imposer un rythme. Le matin, Sylvain Tesson lit, écrit, fume, ou dessine. Puis ce
sont cinq longues heures consacrées à la vie domestique : il faut couper le bois, déblayer la neige, préparer les lignes de pêche, réparer les avanies de l’hiver… Le défi de six mois d’ermitage,
c’est de savoir si l’on réussira à se supporter. En cas de dégoût de soi, nulle épaule où s’appuyer, nul visage pour se lustrer les yeux. L’inspecteur forestier Chabourov qui l’a déposé sur cette
grève le premier jour le savait. Il lui a glissé, énigmatique, en se touchant la tempe : « Ici, c’est un magnifique endroit pour se suicider ». La solitude finira par se révéler fertile : quand
on n’a personne à qui exposer ses pensées, la feuille de papier est un confident précieux ; le carnet de note, un compagnon poli. C’est ce journal que nous offre à lire Sylvain Tesson. En notant
minutieusement, presque quotidiennement, ses impressions face au silence, ses luttes pour survivre dans une nature hostile, ses désespoirs, ses doutes, mais aussi, ses moments d’extase, de paix
intérieure et d’osmose avec la nature, Sylvain Tesson nous fait partager une expérience hors du commun. Finalement « la vie en cabane apprend à peupler l’instant, à ne rien attendre de l’avenir
et à accepter ce qui advient comme une fête. Le génie du lieu aide à apprivoiser le temps ». Une expérience comme seule la littérature peut la ressaisir afin qu’elle ne soit pas seulement une
aventure isolée, mais une aventure exceptionnelle à la portée de tous.
Biographie de l'auteur
Écrivain, journaliste et grand voyageur, Sylvain Tesson est né en 1972. Après un tour du monde à vélo, il se passionne pour l’Asie centrale, qu’il parcourt
inlassablement depuis 1997. Il s’est fait connaître en 2004 avec un remarquable récit de voyage, L’axe du loup (Robert Laffont).
Guégan, Gérard : « Fontenoy ne reviendra plus » (Prix
Renaudot Essai 2011)
« Comme je viens d’une époque, voire d’un monde, où chacun jurait de rester éternellement fidèle à ses convictions, je me suis souvent demandé pourquoi tant de
figures énergiques avaient ensuite, et sans trop tarder, tourné la page de leur jeunesse. Cette question – qu’est-ce qui pousse un homme à changer de camp, à passer, par exemple, de la gauche la
plus enragée à la droite la moins clémente ? – a fini par m’obséder. J’aurais pu en tirer la matière d’un pamphlet si ce n’est que je voulais toucher au-delà du cercle des convaincus. Aussi ai-je
ressuscité un écrivain du siècle dernier, Jean Fontenoy, qui, pour reprendre le mot de Malraux, fut partout où cela comptait, tout du moins dans ses 20 ans : la Grande Guerre, Dada, Octobre,
Maïakovski, Lénine et Trotski, Moscou et Shanghai, etc. Or, lui qui était né pauvre, que l’école de la République avait su distinguer et dont les livres avaient séduit aussi bien Kessel que
Colette, Blanchot que Céline, voilà que, contre toute attente (il avait dénoncé le nazisme dès 1933), il se fit soudain fasciste. Quelques années plus tard, non sans logique (et aussi par haine
de la lâcheté), il ne lui resterait plus qu’à partir se suicider dans Berlin assiégée par l’Armée rouge. « Reste que je n’ai écrit Fontenoy ne reviendra plus que pour comprendre
de quoi nous sommes faits et à quoi tiennent nos destinées. » Gérard Guégan
Ni récit ni biographie, le nouveau livre de Gérard Guégan est porté par une figure si romanesque au destin si tragique qu’il ressemble et se situe avant tout en
littérature. C’est le roman de Fontenoy. Ses engagements, ses amours, ses obsessions, ses déguisements, l’histoire d’un homme qu’on rêverait tout à la fois de rencontrer et de fuir, d’aimer et de
quitter, comme il n’aura cessé de se quitter lui-même.
Biographie de l'auteur
Écrivain, journaliste, éditeur, traducteur, Gérard Guégan a publié une trentaine de livres, aussi bien des romans que des ouvrages sur le cinéma et des essais
politiques.
Bloch-Dano, Evelyne : « Le dernier amour de George
Sand »
Décembre 1849. George Sand, auteur prolifique de romans à succès, admirée par Balzac et Dostoïevski, scandaleuse menant une vie de bohème sous un pseudonyme
masculin, muse du romantisme, femme engagée, est en France une célébrité au faîte de sa gloire. Pour Noël, cette année-là, son fils Maurice invite à Nohant un jeune homme de ses amis, un graveur
inconnu : Alexandre Manceau. George Sand a quarante-cinq ans, Alexandre trente-deux. Ils ne se quitteront plus. On connaît la liaison tumultueuse de Sand avec Musset, son amour de neuf ans avec
Chopin. Mais qui se souvient des années qu’elle a passées aux côtés du tendre Manceau, son dernier compagnon ? De la maison de Nohant à l’agitation parisienne, de la brouille avec sa fille
Solange au mariage de son cher fils Maurice, de l’amitié avec les plus grands artistes de son temps à la mort de sa petite-fille Nini, du coup d’Etat de Napoléon III aux combats de George pour
l’amnistie des prisonniers politiques, des spectacles joués dans l’intimité aux pièces créées à l’Odéon, ce sont ici des jours et des nuits de travail, de bonheur, de tristesse aussi. Dans cette
biographie foisonnante, Evelyne Bloch-Dano fait revivre avec éclat quinze ans de la vie passionnée de George Sand.
Biographie de l'auteur
Evelyne Bloch-Dano, agrégée de lettres modernes, journaliste au Magazine littéraire et à Marie-Claire, est l’auteur, chez Grasset, des premières biographies de
Madame Zola (1998, Grand Prix des lectrices de Elle), et de Madame Proust (2004, Prix Renaudot essai), d’une biographie de Flora Tristan (2001, Prix François Billetdoux de la SCAM), d’un récit,
La Biographe (2007), et d’un essai, La fabuleuse histoire des légumes (2008, Prix Eugénie Brazier).
Policiers
Minier, Bernard : « Glacé »
Décembre 2008, dans une vallée encaissée des Pyrénées. Au petit matin, les ouvriers d'une centrale hydroélectrique découvrent le cadavre d'un cheval sans tête,
accroché à la falaise glacée.
Le même jour, une jeune psychologue prend son premier poste dans le centre psychiatrique de haute sécurité qui surplombe la vallée.
Le commandant Servaz, 40 ans, flic hypocondriaque et intuitif, se voit confier cette enquête, la plus étrange de toute sa carrière. Pourquoi avoir tué ce cheval
à 2 000 mètres d altitude ? Serait-ce, pour Servaz, le début du cauchemar ?
Une atmosphère oppressante, une intrigue tendue à l extrême, une plongée implacable dans nos peurs les plus secrètes, ce premier roman est une révélation.
Slaughter, Karin : « Irréparable » (Prix du Festival du
polar de Cognac)
Avec ses belles maisons et ses rues bordées d’arbres, Ansley Park est l’un des quartiers les plus prisés d’Atlanta. Mais dans l’une de ces demeures parfaites,
dans une chambre somptueuse d’adolescente, une jeune fille a été sauvagement assassinée. Sa mère horrifiée git au pied de l'escalier, après avoir tué à mains nues l’agresseur de sa fille.
L’inspecteur Will Trent du Georgia Bureau of Investigation est dépêché sur les lieux et ne tarde pas à s’apercevoir que la police locale a commis une grave
erreur, en décelant ce qui échappe aux autres enquêteurs : quelque chose dans la traînée de sang, dans une preuve médico-légale, dans les yeux de la mère traumatisée. En quelques minutes, Trent
prend le contrôle de l’affaire… et en découvre une seconde. Pour lui, cela ne fait aucun doute : une autre jeune fille a disparu et le tueur court toujours.
Entouré d'ennemis, dont une coéquipière qui a toutes les raisons de le haïr, Trent comprend que cette affaire, dans un décor luxueux, va faire ressurgir le désir
de vengeance d'une poignée de personnages dont l'existence a été dévastée.
Biographie de l'auteur
Karin Slaughter est née en 1971 et a grandi dans une petite bourgade du sud de la Géorgie. Elle vit aujourd’hui à Atlanta et se consacre à l’écriture, nourrie de
l’ambiance pesante du Sud profond. Elle est l’auteur, chez Grasset, de nombreux ouvrages à succès, dont la série Grant County, et Tryptique suivi d’ »Irréparable ».